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Par définition, le médium est l'intermédiaire entre le monde de l'au-delà et notre monde physique, autrement dit en langage spirite, entre le monde des désincarnés et celui des incarnés. Les modes de manifestation des esprits au travers d'un médium sont multiples. Allan Kardec dans son Livre des Médiums avait procédé à une classification précise des différentes médiumnités, correspondant à des sensibilités variées qui ne se présentent pas de la même façon d'un médium à un autre.

 

On peut distinguer trois grandes catégories essentielles en médiumnité : les médiumnités intuitives, les automatismes et les médiumnités qui font intervenir un phénomène de transe. Les médiumnités qualifiées d'intuitives sont celles qui font appel à des perceptions de l'au-delà, que le médium doit retraduire le plus fidèlement possible. Déjà dans cette catégorie, il faut distinguer plusieurs niveaux possibles de perceptions.

 

Au premier stade, il s'agit d'une simple idée qui s'impose au médium (médium intuitifs) . Cette idée, le médium doit la retransmettre au mieux. S'il s'agit de clairvoyance, le médium exprime dans son propre langage l'idée qui a traversé son esprit. En art médiumnique (peinture, sculpture, poésie, musique), le médium met en forme l'idée, avec ses propres moyens, ce qui pourra donner lieu à quelques maladresses, selon sa sensibilité artistique et sa capacité à bien restituer l'idée perçue. À ce stade, le médium connaît souvent la difficulté de savoir distinguer entre une réelle perception et son propre imaginaire.

 

Au fur et à mesure du développement médiumnique, les idées transmises par l'au-delà vont devenir de plus en plus claires et précises. En clairvoyance par exemple, l'idée sera supplantée par des images ou clichés, des mots puis des phrases entendues intérieurement. En peinture médiumnique, le médium aura la vision de l'œuvre qu'il doit reproduire. Ainsi donc, la médiumnité dite intuitive passe sensiblement du stade de l'idée mal définie au stade de perceptions plus précises qui s'imposent au médium sous forme d'images, de phrases ou d'impressions suffisamment fortes qui deviennent des certitudes.

Les automatismes

Au fil du développement, la médiumnité pourra, soit en rester au stade intuitif, soit transiter progressivement vers le stade de l'automatisme de la main. Nous avons l'exemple de l'écriture semi-automatique qui peut devenir écriture automatique.

Le plus souvent, au début du travail expérimental, le médium perçoit une idée qu'il doit retranscrire par écrit avec son propre vocabulaire. Ensuite, il perçoit plus distinctement des mots, puis des phrases, qu'il retranscrit là encore. Et dans la phase suivante, si sa sensibilité le permet, il perçoit les mots en même temps qu'il les écrit. Et il peut même dans une phase ultérieure, ne plus percevoir distinctement les idées et les mots. Il est alors dans un état second plus profond, sa main est prise par la volonté de l'esprit qui se manifeste, le médium n'est plus maître de sa main, le geste devient rapide, saccadé, l'écriture est alors très rapide, avec le petit inconvénient qu'elle devient plus difficile à déchiffrer. On est alors passé du stade de l'écriture semi-automatique à celui de l'automatisme pur. 

 La clairvoyance

C'est une perception extrasensorielle qui met en rapport le sujet clairvoyant avec une personne, une situation ou un évènement. Il s'agit d'une relation télépathique entre le clairvoyant et l'objet de sa perception. Dans le même ordre de faculté, il faut inclure la clairaudience et la psychométrie (perception partir du support d'un objet). Cette sensibilité peut aussi être qualifiée de médiumnique lorsque le sujet entre en contact, non plus avec un humain ou une situation humaine, mais avec des entités désincarnées.

Transe et incorporation

La troisième catégorie de phénomène qui correspond à la transe médiumnique se distingue totalement de l'intuitif ou de l'automatisme. L'esprit impose sa présence d'une manière plus physique, en utilisant le corps du médium. Plusieurs stades, là encore, sont mis en évidence : l'esprit peut influencer le médium en l'entourant de ses fluides, l'induisant dans un état second. L'esprit annihile la volonté du médium, il l'enveloppe de son fluide et il le guide en utilisant tout ou partie du corps, dans la gestuelle ou la parole. Le stade suivant est celui de l'incorporation : suite à un phénomène de transe, l'esprit du médium accompagné de son périsprit est extériorisé du corps. L'esprit désincarné intègre alors le corps du médium, il s'incorpore selon le terme. Il a alors toute possibilité de se mouvoir et de s'exprimer verbalement.